3 question à Elodie François, référente handicap au CMA Formation d'Angers
16/04/2026
Rencontre avec Elodie François, référente handicap et accompagnatrice pôle individualisation Chambre des Métiers et de l’Artisanat des Pays de la Loire CMA Formation Angers. Elle revient sur ses missions, la spécificité des parcours pour les alternants en situation de handicap et la majoration du coût contrat pour les CFA. Découvrez son témoignage !
Quelles sont les principales missions exercées au titre de votre fonction de référente handicap au sein du CFA ?
Ma 1ère mission est d’informer les candidats et leur entourage sur le déroulement de l’apprentissage dans le CFA, soit à l’occasion de Journées Portes Ouvertes, soit dans le cadre d’entretiens individuels.
Je suis ensuite en charge d’élaborer des parcours de formation adaptés aux besoins des alternants et aux spécificités de leur situation de handicap. Cette étape s’inscrit dans une logique de co-construction, en 1er lieu avec le futur alternant et sa famille, en 2nd lieu avec les partenaires intervenus en amont de l’entrée en apprentissage : personnel éducatif du collège d’origine, maison départementale des personnes handicapées (MDPH), éducateurs spécialisés, médecin du travail... L’objectif est d’identifier les aménagements dont a bénéficié le jeune jusqu’alors, et de décider d’un commun accord lesquels maintenir ou mettre en place pour sécuriser son parcours chez nous, grâce à la majoration du coût contrat : allongement de la durée du contrat et passation de l’examen sur 3 ans au lieu de 2, demande de prêt de matériels ou équipements auprès de l’Agefiph (ex. tablettes ou sièges assis-debout)…
Une fois l’apprentissage démarré, mon rôle est de suivre l’alternant en situation de handicap tout au long de son parcours de formation, à travers des points réguliers dont la fréquence varie selon le profil de la personne et ses besoins. Je peux ainsi déterminer de nouvelles adaptations en fonction de ce qui a été observé en groupe classe, par les équipes pédagogiques.
Par exemple, pour les jeunes ayant un déficit de maîtrise des savoirs de base, il est possible de proposer des cours individualisés sur les enseignements généraux ; de même pour certaines personnes en situation de handicap ayant besoin de sortir de cours pour souffler et se reconcentrer, nous pouvons proposer des pauses régulières.
J’assure également le lien avec les entreprises d’accueil des alternants. À ce titre, je peux, à condition que celles-ci le souhaitent, aider à déterminer les besoins d’aménagement du poste avec l’appui d’un spécialiste. J’assure aussi un reporting auprès des familles des alternants en situation de handicap ainsi qu’auprès des partenaires.
Enfin, mon rôle est de faire progresser l’ensemble des personnels du CFA sur les questions liées à l’inclusion des personnes en situation de handicap et à l’accessibilité de nos formations au sens large. Et à l’externe, de veiller à la participation du CFA à des actions de sensibilisation telle que la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH).
Plus d'informations sur le référent handicap »
Quelles spécificités dans leur parcours en alternance observez-vous chez les apprentis en situation de handicap ?
Notre parti-pris est de ne pas accentuer les différences pouvant exister entre les alternants en situation de handicap et leurs camarades. Nous cherchons à éviter qu’ils aient une « étiquette », d’autant que le handicap de la grande majorité des personnes que nous accueillons est invisible. La plupart du temps, les autres jeunes ne connaissent pas leur situation. Quand ils la connaissent, le public adolescent qui est le nôtre peut parfois se comporter de façon inadaptée. Dans ce cas, nous intervenons en classe pour faire de la sensibilisation. Il reste encore des idées reçues à combattre.
De la même manière, nous ne cherchons pas à avoir une liste d’entreprises « handiaccueillantes ». Nous ne sommes pas dans une logique de recrutement spécifique. Cela étant dit, nous recommandons aux jeunes en situation de handicap la transparence, autrement dit d’informer leur employeur de leurs besoins d’aménagement avant la signature du contrat. Pour cela, nous les préparons pour qu’ils sachent comment en parler. Dans l’essentiel des cas, les entreprises accueillent la situation favorablement. Nous les informons alors de la possibilité de bénéficier de l’aide à l’embauche d’alternants versée par l’Agefiph, cumulable avec l’aide de l’État. Dans le cas contraire, lorsque l’employeur non préalablement informé découvre, après quelques semaines de formation, que des aménagements spécifiques doivent être mis en œuvre, le risque de rupture du contrat est plus élevé.
Selon vous, en quoi la vidéo présentant la majoration du coût contrat pour les CFA peut-elle être utile aux acteurs de l’alternance ?
La vidéo d’Opco EP s’avère très utile pour voir toutes les étapes à remplir pour bénéficier de la majoration du coût contrat : renseignement du Cerfa contrat d’apprentissage, évaluation et définition des besoins de l’apprenti en situation de handicap à l’aide de la grille mise à disposition par l’Agefiph, renseignement des montants de la majoration dans la convention de formation à transmettre à l’OPCO. Si la demande de majoration nécessite un peu de travail administratif, elle constitue un levier incontournable pour financer des aménagements permettant de sécuriser le parcours de l’alternant et, au-delà, valoriser tous les temps informels du référent handicap.